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(Miniature) Que sont-ils devenus ? Virginie Kadjo
Virginie Kadjo, en 2012. Crédit: Stéphane Saubole
06/01/2017
Que sont-ils devenus ? Virginie Kadjo
Ancienne internationale de volley-ball et de beach volley, double championne de France avec le RC Cannes, Virginie Kadjo est à l’honneur cette semaine dans notre rubrique consacrée aux anciens internationaux.
Dans quel contexte avez-vous effectué vos premiers pas dans le volley ?

J’ai commencé très tard, à l’âge de 15 ans. A l’époque je faisais plutôt de l’athlétisme, du cross. J’ai une amie qui m’a dit : « Viens faire du volley avec moi, les filles sont sympas, c’est à Pantin ». J’ai fait un essai, cela m’a plu. Je me suis prise au jeu et j’ai eu la chance d’avoir pour entraîneur au CSM Pantin un arbitre international. Grâce à lui, en à peine six ou sept mois, je me suis retrouvée à Chatenay-Malabry pour faire un stage au niveau régional et, trois ou quatre mois après, j’étais face à l’entraîneur national cadettes, André Glaive, qui m’a pris car, par chance, je faisais un centimètre de plus qu’une autre fille.

Vous avez ensuite évolué quatre saisons à Clamart, entre 1990 et 1994…

Ma première année à l’INSEP, je jouais toujours en Départementale 1, à Pantin. Après j’ai été sollicitée par Clamart, où j’ai fait de superbes années. J’étais jeune et je jouais en pro, je côtoyais les filles du Racing à l’époque, c’était assez sympa, des bons souvenirs. Et puis j’avais quand même de bonnes partenaires avec moi. A cette époque, le club formateur c’était Clamart. Ce qui était super aussi c’est qu’il y avait toujours du monde, le public était présent. Je me rappelle que la salle était pleine, les gens s’asseyaient contre le mur et nous, nous pouvions à peine servir. C’était vraiment une ambiance sympa.

Quel moment fort retenez-vous de votre carrière en club ?

Mon premier titre de championne de France avec Cannes. J’ai été recruté et, dès la première année, on devient championnes de France. C’était un grand grand objectif. J’en garde un souvenir mémorable car j’étais avec un groupe vraiment sympa. Il y avait pratiquement toutes les filles de l’équipe de France… Sinon il y a eu aussi le Final Four, avec Cannes aussi. On avait fini quatrièmes mais on avait pu faire le tournoi final, qui a été un bon souvenir.

Et avec le maillot de l’équipe de France, quelles images gardez-vous en tête ?

Quand on m’a donné mon premier maillot, pour ma première sélection. Je crois que c’était avec Gérard Denaja. Les souvenirs en équipe nationale, c’est un peu compliqué car il y en a tellement… Après j’ai aussi des déceptions, comme ne pas avoir fait de qualifications aux Championnats du monde. Il y a un peu de regrets.

"J'étais plus une joueuse de beach qu'une joueuse de volley"

Comment s’est effectuée votre transition vers le beach ?

Par hasard aussi. Une rencontre avec Anabelle Prawerman, mon ancien entraineur en cadettes qui avait fait les Jeux olympiques en beach. Je l’avais croisée une ou deux fois et elle m’avait dit : « Virginie, tu ne veux pas essayer de faire du beach ? Tu vas voir c’est sympa et il y a quelque chose à faire. Si t’as le potentiel, l’entrainement et l’expérience, tu peux essayer de te qualifier pour les Jeux. » C’était un rêve qui pouvait se concrétiser donc je me suis lancée. Et j’ai adoré, même si la première année a été difficile pour moi, car il faut un temps d’adaptation. J’ai même eu le regret plus tard et pas m’y être mise plus tôt. J’étais plus une joueuse de beach qu’une joueuse de volley.

Avez-vous tenté de concilier les deux disciplines à un moment ?

Non je suis passée de l’une à l’autre. C’était impossible de concilier les deux. Il y avait un entrainement foncier que l’on faisait l’hiver, à Montpellier. Et puis après, les déplacements, étaient de février jusqu’à octobre. Il fallait vraiment y être à 100%.

Comment avez-vous vécu l’échec de la qualification olympique ?

C’était une grosse déception car il nous a manqué quelques mois. On se retrouve 26es mondiales pour les JO d’Athènes et c’est les 24 premières qui sont prises. Je pense qu’on aurait dû commencer six mois avant…

Qu’est-ce qui vous a poussé à mettre un terme à votre carrière ?

Chez les sportifs, il y a souvent une petite dépression, on craque… Moi je sais qu’après les Jeux, j’ai voulu repartir. Mais j’ai tenu un an, un an et demi. Je n’avais plus envie. J’ai préféré arrêter complétement l’équipe nationale au niveau du beach et reprendre une année tranquille à Clamart, en tant que pro pour voir ce que j’allais faire par la suite. L’année à Clamart s’est avérée assez difficile, au niveau du résultat et aussi avec la génération qu’il y avait dans le club. Quand vous êtes ancienne, vous avez des habitudes, et ça ne fonctionnait pas.

"J'ai complétement coupé avec le volley. Quand on va à la plage et que l'on me demande de jouer, je n'ai pas envie"

Quelle a été la première étape de votre reconversion ?

Après mon arrêt à Clamart, j’ai répondu à une annonce pour du coaching sportif à domicile. J’ai eu un entretien, j’ai commencé à travailler et comme cela m’a plu, j’ai monté ma boite au bout de six mois. Je suis toujours en région parisienne. Je ne voulais pas trop rester dans le milieu du sport, être en face de sportifs. Je voulais essayer d’aider des gens lambda, voir si avec mon expérience je pouvais le faire. J’en ai profité et cela marche super bien. C’est toujours mon travail à l’heure actuelle. Je fais des horaires assez difficiles, je commence à 7h30 le matin, je travaille aussi le soir. Entretemps j’ai eu des jumeaux donc j’ai dû m’adapter aussi à la vie avec deux garçons, j’ai dû faire un petit break et j’ai repris il y a deux ans. Pour moi c’est le plus beau travail, de voir que les gens que j’ai sont épanouis, sont bien dans leur tête et dans leur corps.

Quels rapports entretenez-vous avec le volley aujourd’hui ?

J’ai complétement coupé avec le volley. Je ne vais pas voir de matches, je ne m’intéresse pas aux résultats même si j’ai suivi les Bleus, ce qu’il s’est passé à la Ligue mondiale puis aux Jeux olympiques. Mon mari est volleyeur mais quand on va à la plage et que l’on me demande de jouer, je n’ai pas envie. J’ai un beau-frère qui est préparateur physique, ma sœur qui travaille dans le volley et un autre beau-frère aussi. A table, on ne parle jamais de volley. J’ai fait les choses et je passe à autre chose. C’est une étape de ma vie, que je referais les yeux fermés si c’était à refaire car cela m’a permis d’évoluer. Et mon CV d’ancienne joueuse internationale joue en ma faveur en tant que coach sportif.

Quel regard portez-vous sur le volley féminin en général ?

C’est vrai que j’aimerais bien que l’on parle plus du volley-ball féminin. Ce n’est pas ma bataille mais si un jour on me demande de faire quelque chose, pourquoi pas. Si je revois d’anciennes grandes joueuses qui veulent militer pour cela… Maintenant il y a des joueuses qui sont là, qui font très bien leur boulot et qui commencent à jouer à l’étranger. Ça c’est déjà un grand pas. Ce sont les nouvelles ambassadrices du volley-ball français.