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(Miniature) Safiatou Zongo : « Des moments magiques »
Crédit photo : Kévin Delaville
10/10/2017
Safiatou Zongo : « Des moments magiques »
Au moment d’attaquer la saison en Ligue A avec son nouveau club, Evreux, Safiatou Zongo revient sur son long été avec l’équipe de France. La réceptionneuse-attaquante de 23 ans évoque aussi ses attentes cette saison, c’est l’interview bleue de la semaine.
Revenons d’abord sur votre été en équipe de France, comment avez-vous vécu ces quatre mois en Bleu ?
C’était la première fois que je passais un aussi long moment en équipe de France. Il y a eu forcément des moments parfois difficiles, parce nous avons eu peu de vacances, mais dès le départ, quand ce programme nous a été proposé, avec les filles qui étaient là, nous avons directement dit oui et nous ne regrettons rien du tout, parce que nous avons vécu des moments magiques. Aller dans autant de pays en si peu de temps, rencontrer autant d’équipes, participer au Grand Prix, aller à Taipei aux Universiades, ce ne sont que de super souvenirs.

Si vous ne deviez en garder que quelques-uns, lesquels retiendriez-vous ?
Je dirais notre qualification pour le Final Four du Grand Prix en Australie, c’était vraiment fort, ainsi que la cérémonie d’ouverture des Universiades à Taipei. C’était magique, on avait l’impression d’être aux Jeux Olympiques, de rêver. C’était fabuleux de se retrouver avec toutes ces nations, tous ces athlètes de sports différents, c’était trop beau à voir. Nous étions des actrices de ce spectacle, mais nous étions aussi subjuguées par ce qu’il se passait autour de nous, nous n’avions jamais vécu quelque chose comme ça.

On imagine que cela doit donner de vivre ça encore plus grand, à savoir sur les Jeux Olympiques…
Oui, c’est clair, c’est comme un avant-goût et nous avons toutes été vraiment heureuses de voir que les JO 2024 ont été attribués à Paris. Surtout que nous faisons partie de ce projet Génération 2024.

Comment avez-vous accueilli ce projet lorsqu’il vous a été présenté ?
De façon très positive. Ça fait forcément plaisir de voir des gens à la Fédération qui font preuve de leur intérêt pour un tel projet, qui vous disent qu’ils vous font confiance et investissent du temps et de l’argent. Tout a été mis en œuvre cette saison pour nous permettre de nous entraîner et de jouer des compétitions, c’est un avant-goût de ce qui nous attend dans les années à venir dans cet objectif de performer aux JO 2024.

"Je dois progresser en réception"

Avez-vous l’impression d’avoir progressé collectivement au cours de cet été ?
Oui, nous avons beaucoup progressé. Même si nous n’avons pas eu énormément de périodes d’entraînement, nous avons progressé au contact de nations différentes et de styles de jeu différents. Nous avons aussi dû apprendre à gérer des aspects auxquels nous étions moins habituées, la fatigue, les voyages, les petits pépins physiques… Si bien que quand on revient en club où on a plus de temps, on se rend compte que ces difficultés que nous avons rencontrées vont nous permettre de mieux gérer la saison en club, où les choses sont moins compliquées.

Et avez-vous senti qu’un esprit France était né au cours de cet été ?
Oui, le fait de vivre autant de temps ensemble et de partager autant d’expériences a permis de créer un groupe solide. Depuis que nous sommes rentrées, quand on se croise sur les matchs amicaux, on est super contentes de se revoir, on sait ce que nous avons vécu ensemble. Et c’est assez rare, car c’est assez compliqué en général de gérer un groupe de filles, là, cet été, il n’y a pas eu de grosses histoires, de grosses disputes, ça s’est hyper bien passé du début à la fin, c’est la preuve que nous avons vraiment formé un bon groupe.

A titre personnel, êtes-vous satisfaite de votre été en équipe de France ?
Je suis contente mais un peu frustrée, parce que j’aurais aimé avoir un peu plus de temps de jeu.

Que vous a-t-il manqué selon vous pour avoir plus de temps de jeu ?
Je pense que c’est le fait que je ne sois pas assez stable en réception. C’est clairement un domaine dans lequel je dois progresser. Cela fait plusieurs années que je joue sur deux postes, pointe et récep 4, aujourd’hui, j’ai décidé de rester récep 4, ça va me permettre de me concentrer plus sur cet aspect, c’est un challenge pour moi.

"Faire partie des meilleures ailières françaises du Championnat"

Parlons maintenant de votre saison en club qui débute, qu'est-ce qui vous a poussée à quitter Béziers cet été pour Evreux ?
C’est la possibilité d’avoir plus de temps de jeu et d’avoir un entraîneur (Olivier Lardier) qui ait réellement confiance en moi. Je pense que l’entraîneur que j’ai cette année croit réellement en moi et en mon potentiel, il voit le niveau que je suis capable d’atteindre, c’est important pour une joueuse de sentir ça, ça m’aide énormément et j’espère que ça se passera bien.

Comment se passe votre adaptation à votre nouveau club ?
J’ai eu cinq-six jours de repos au retour de Taipei, j’ai ensuite rejoint le club, ce n’est jamais évident d’arriver dans un groupe où les filles ont commencé la prépa, mais elles m’ont hyper bien accueillie et je trouve que nous avons un groupe vraiment sympa, nous travaillons bien. Nous avons joué des matchs de préparation et d’entraînement positifs, nous avons battu Chamalières 3-0, Quimper 3-1 et 3-0, Nantes, avec une défaite 3-2 et une victoire 3-0, puis nous avons perdu 3-0 contre Paris qui, cette année, a une grosse équipe. Il reste des choses à régler, mais je pense que nous avons une équipe qui peut faire quelque chose.

Quelles peuvent justement être les prétentions d'Evreux cette saison ?
Je pense que nous sommes capables de nous qualifier pour les playoffs, de viser le milieu de tableau.

Qui, selon vous, fait office de favoris cette saison en Ligue AF ?
Cannes, qui a monté une grosse équipe, Mulhouse, Paris. Après, les collectifs ont beaucoup tourné cet été, donc il faudra voir.

Et quelles sont vos prétentions personnelles ?
J’aimerais bien être titulaire toute la saison à mon poste de récep 4 et faire partie des meilleures ailières françaises du Championnat.

Un dernier mot sur Evreux : comment se passe la vie sur place ?
C’est calme et il y a moins de soleil qu’à Béziers, mais ça va, je ne suis pas loin de Paris, donc pas loin de ma famille et de mon copain, je peux faire des allers-retours de temps en temps ou ils viennent me voir, je suis contente. Sinon, en dehors du volley, je passe beaucoup de temps à écouter de la musique, à regarder des films et des séries, je suis aussi des cours d’anglais pour faire quelque chose à côté.