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(Miniature) Beach : Le point avec Stéphane Canet
Stéphane Canet, 2e à gauche (photo : Karim Levy).
14/06/2018
Beach : Le point avec Stéphane Canet
Alors que débute la semaine prochaine le World Tour 4 étoiles d'Ostrava, Stéphane Canet, l'entraîneur de l'équipe de France masculine, fait le point sur les prestations des trois paires tricolores et évoque la suite de la saison et l'objectif olympique.
Youssef Krou/Quincy Ayé
 
Bilan de la saison jusqu'ici : "L'année dernière, ils ont gagné des médailles sur le World Tour. C'était la première vraie saison de Quincy, car l'année d'avant, il débutait le beach-volley. Cette saison, ils sont lancés sur les 4 et 5 étoiles, c'est-à-dire les plus gros tournois. Ils ont commencé par une 17e place dans un tournoi indoor aux Pays-Bas, puis nous sommes allés faire un stage en Italie et un autre à Cuba. C'était assez intéressant et intense pour Youssef et Quincy, parce qu'il y a là-bas beaucoup de très bons attaquants. Ensuite, il y a eu un tournoi 4 étoiles au Qatar où ils ont terminé neuvièmes, après avoir battu quelques grosses équipes. Ils sont vraiment dans la planification que nous nous sommes fixée, c'est-à-dire une progression, essayer de toucher les grosses équipes du Main Draw et de stabiliser un fond de jeu. Pour l'instant, c'est plutôt réussi, la progression est dynamique".

Marge de progression/axes de travail : "Cette année, nous avons pu travailler plus spécifiquement le collectif, puisque jusqu'à présent, nous étions davantage sur de la technique individuelle : Quincy avait besoin de travailler sa réception et sa passe en transition et Youssef devait travailler sa défense parce qu'il passait de contreur à défenseur. Donc nous avions toute une équipe à construire et ça fonctionne plutôt bien. C'est une équipe assez offensive, qui a un gros potentiel physique pour rentrer dans les quinze premières mondiales, ce qui est leur objectif. Pour cela, il faudra que cette équipe augmente sa qualité de side-out et stabilise son fond de jeu. On travaille énormément là-dessus, ils s'entraînent deux fois par jour et les progrès sont notoires. Malheureusement, Quincy s'est blessé assez gravement à l'oeil lors d'un stage à Los Angeles, ce qui a fait qu'ils ont manqué trois tournois où ils auraient figuré dans le Main Draw. Ça a un peu ralenti leur progression, donc nous avons repris toutes les bases et on va à Ostrava pour continuer sur cette voie".

Maxime Thiercy/Arnaud Gauthier-Rat

Bilan de la saison jusqu'ici : "Ils ont eu une saison un peu plus millimétrée, puisqu'ils font tous les deux leurs études. Du coup, il a fallu faire une planification un peu à la carte, en fonction de leur emploi du temps. On a choisi de les faire participer à des tournois 3 étoiles et 4 étoiles. Ils ont bien commencé l'année avec une neuvième place aux Pays-Bas, sur la lancée du bon niveau de jeu qu'ils avaient montré en Australie en décembre. Après le stage en Italie, ils sont partis en Iran et ont fait une neuvième place sur un 3 étoiles. Au Qatar, ils ne se sont pas qualifiés pour le Main Draw, mais ils ont enchaîné avec une nouvelle neuvième place à Lucerne. Tout ça leur permet d'avoir un bon niveau d'entry points, malgré le fait qu'ils ne soient pas en mesure de s'entraîner aussi régulièrement qu'il le faudrait".

Marge de progression/axes de travail : "On a pu faire une saison assez intéressante. Ils ont un fond de jeu qui leur permet de stabiliser assez facilement. Ils sont très complémentaires : ce sont deux contreurs défensifs, donc ils arrivent à alterner chacun entre le contre et la défense. Ils ont surtout une très bonne passe et un très bon contrôle de balle, ce qui leur permet de pouvoir tenir le jeu. Ils sont moins physiques, moins imposants que les grands contreurs, mais il faut qu'ils compensent par leur gestion technique. Maintenant, dans l'optique du projet olympique, il faut qu'ils soient à 100% dans le beach-volley. Max (Thiercy) finit bientôt ses études et Arnaud (Gauthier-Rat) va ajuster ses cours pour pouvoir se lancer à fond dans cet objectif olympique. Pour être dans les 24 meilleurs mondiaux et se qualifier pour les JO, il faut être professionnel et s'entraîner quotidiennement. Ils sont prêts à relever le défi".

Olivier Barthélémy/Romain Di Giantommaso

Bilan de la saison jusqu'ici : "Ils ont connu une saison un peu moins élevée, en termes de niveau et de résultats sportifs, que les deux autres équipes. Malgré tout, ils ont participé à six tournois, un 1 étoile, trois 3 étoiles et deux 4 étoiles. Leur saison est assez étoffée, avec quelques résultats intéressants, comme une neuvième place en Iran en février. Ils sont la troisième équipe, c'est une équipe réserve. Pour pouvoir participer à la Continental Cup, on a besoin d'un groupe assez étoffé, qui permette de pallier d'éventuelles blessures. Olivier et Romain font partie de cet élan olympique, tout en étant bien conscients qu'il y a deux équipes devant eux. Ils font partie de cette génération qui arrive à maturité. Il y a aussi Jérémy Silvestre, qui s'est entraîné toute l'année avec nous et qui commence à pointer le bout de son nez. On peut également citer Timothée Platre et Arnaud Loiseau, qui revient de blessure. Nous avons toute une génération sur laquelle on peut compter et sur laquelle on va s'appuyer pour essayer de qualifier deux équipes pour les Jeux Olympiques de Tokyo".

Ostrava et la suite de la saison

"A Ostrava, nous n'aurons que deux équipes sur trois. Maxime Thiercy et Arnaud Gauthier-Rat ne peuvent pas participer à ce tournoi car ils ont des examens. Ils reprendront la compétition la semaine suivante aux Jeux Méditerranéens, où nous viserons une médaille avec la paire Krou/Ayé. Ensuite, nous enchaînerons avec Espinho (4 étoiles), Gstaad (5 étoiles) et les Championnats d'Europe, où nous alignerons deux équipes, avec l'ambition de bien figurer. Au total, nous avons cinq semaines de compétition consécutives qui nous attendent. Il y aura ensuite une semaine de repos, puis le 5 étoiles de Vienne et un 4 étoiles à Moscou. C'est une grosse saison, il va falloir tenir la durée et trouver le rythme pour essayer de faire un maximum de perfs et monter dans le tableau final".

L'objectif olympique

"On va vraiment se concentrer sur Quincy Ayé, Youssef Krou, Maxime Thiercy et Arnaud Gauthier-Rat pour tenter de retrouver des équipes de France de beach-volley aux Jeux Olympiques 2020. La qualification olympique commence en septembre 2018. Le World Tour 1 étoile de Montpellier (1er et 2 septembre) sera le premier tournoi qualificatif. Ensuite, il y aura deux tournois en Chine, un 3 étoiles et un 4 étoiles, qui lanceront la qualification olympique, donc le but, c'est d'essayer de commencer le plus fort possible. Pour atteindre cet objectif olympique, on a besoin d'avoir tout un staff, nous l'avons à Montpellier. Nous travaillons avec une équipe soudée avec Mathieu Hamel comme coach et beaucoup d'intervenants externes, un préparateur physique, un préparateur mentale, un prof de Pilate, un statisticien, un kiné, un orthoptiste, un docteur... Tout ce qu'il faut pour réussir de bonnes performances. Nous allons entrer dans une période un peu plus pointue, il va falloir faire les résultats attendus, nous sommes tous prêts pour ça".