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06/08/2018
Benjamin Toniutti : « Continuer sur le même rythme »
Alors que les Bleus sont réunis depuis une semaine à Montpellier pour préparer le Championnat du monde 2018 en Bulgarie et en Italie (du 9 au 30 septembre), leur passeur et capitaine Benjamin Toniutti fait le point sur la saison de l'équipe de France, finaliste de la Volleyball Nations League en juillet.
Comment se déroule ce stage de préparation ?
Tout se passe bien. On a commencé lundi dernier avec un gros travail physique, nous avons repris les sauts un peu plus tard, mercredi ou jeudi. On a surtout fait du physique jusqu'ici, on a déployé beaucoup d'énergie en musculation, sur des exercices de force, et pour ce qui est du volley, on a repris tout doucement les marques techniques. On a beaucoup touché le ballon, fait des circuits training pour travailler à la fois la technique et le foncier, parce qu'on sait que le Championnat du monde va être une compétition longue et qu'il faudra être prêt physiquement sur le long terme. On va entamer un travail plus collectif à partir de ce lundi.

Quels ont été les éléments sur lesquels Laurent Tillie et son staff ont particulièrement insisté depuis que vous êtes réunis à Montpellier ?
Surtout de bien reprendre techniquement et physiquement, tout en sachant qu'on va être dans le dur dans les deux ou trois premières semaines, parce qu'on va avoir de grosses charges de travail. Mais ils nous ont aussi dit que la forme allait arriver petit à petit en se rapprochant de la compétition. Là, on est dans cette partie, avec les deux semaines à Montpellier puis la semaine à Cannes, où nous allons être dans le dur. Donc peut-être que niveau volley, ce ne sera pas parfait, mais ça va être important pour la suite.

En tant que capitaine, comment sentez-vous l'état d'esprit du groupe ?

On est partis sur le même groupe que pour la VNL et on a envie de continuer sur le même rythme. Même si on a perdu en finale, on est super satisfaits de notre VNL, parce qu'on a très bien joué pendant plus d'un mois. Avec en plus un Final Six à la maison qui a été un très beau moment pour le volley français. On veut vraiment rester sur cette lancée, donc on va tout faire pour bien se préparer pour le Championnat du monde. On sait que ça va être un tournoi très dur, avec une très forte concurrence, on est dans une poule difficile, donc il va falloir être prêt dès le début.

Etant donné les derniers résultats internationaux, notamment ceux de la VNL, l'équipe de France a-t-elle une pancarte de favori pour ce Championnat du monde  ?
Chaque année, on dit ça, mais je pense que c'est toujours pareil : il y a tellement de concurrence au volley que le terme de « favori » n'est pas vraiment adapté. Je pense que les six équipes qui étaient au Final Six de la VNL (Russie, France, Etats-Unis, Brésil, Pologne et Serbie) peuvent prétendre au titre. On peut rajouter aussi l'Italie, qui sera là. Il y a beaucoup d'équipes qui sont capables de gagner. La France fait partie des favoris, mais elle n'est pas seule. De notre côté, il faut avoir de l'ambition, des objectifs élevés, il faut vouloir monter sur le podium. Mais il faut aussi être réaliste et lucide sur le fait que la concurrence est énorme et qu'il y a beaucoup d'équipes qui sont dans le même cas que nous, qui vont se battre pour les médailles.

Pour revenir à la VNL, c'était comment de jouer ces quelques matchs en France, notamment le Final Six à Lille ?
Pour nous, c'est le top. On attend que ça, de pouvoir jouer devant notre public. En plus, l'équipe de France a pris une nouvelle dimension ces dernières années, on arrive à faire venir du monde, même si à Aix et à Rouen, on aurait aimé qu'il y ait encore plus de public. Mais à Lille, nous avons vu une magnifique salle et un super public. Jouer en France, dans des salles pleines, c'est vraiment ce qu'on attend, et c'est bien pour la suite, puisque l'année prochaine, nous aurons l'Euro 2019 en France, qui sera encore un bel événement.

Avec cet Euro en ligne de mire, c'était important cette communion avec le public ?

C'était clairement un axe de travail pour nous sur cette VNL : arriver à bien jouer et à utiliser ce public. On l'a bien fait, il faudra faire de même l'année prochaine à l'Euro.

Est-ce que le dénouement de cette VNL, avec une défaite en finale contre une Russie plus fraîche sur le plan physique, vous a conduit à modifier la préparation pour le Championnat du monde  ?
Non, je ne pense pas. La Russie a été extraordinaire sur ce Final Six, ils n'ont perdu qu'un set. Ils sont arrivés très frais, car ils ont commencé avec leur six-type seulement au début du Final Six. C'est une équipe extrêmement physique, on sait que quand elle est comme ça, bien dans son volley, performante à la réception et sur balle haute, elle est très dure à battre. C'était vraiment le cas sur ce week-end, ils étaient dans une forme incroyable. C'était dur pour nous, mais il faut aussi se rapprocher de ce niveau-là. Quand une équipe est aussi forte, il faut réussir à trouver des armes pour la battre. Ce sera bien sûr un axe de travail pour nous pendant cette préparation du Mondial.

L'idée, c'est aussi d'arriver à surprendre vos rivaux, qui commencent à bien vous connaître ?
Forcément, c'est important. Mais si on parle du jeu offensif, surprendre, c'est difficile. On joue sur balle haute la plus grande partie du match, ce sont davantage la précision et la patience qui vont faire la différence. Après, c'est sûr qu'il faut réussir à modifier des plans de jeu, à jouer différemment quand on est en difficulté comme en finale de la VNL contre la Russie. Ce match doit rester dans nos têtes pour le futur, parce que cette équipe russe sera aussi forte au Championnat du monde, avec encore de nouveaux joueurs. Il faut s'attendre à jouer des équipes de ce niveau.

Le premier match de préparation, le 11 aoùt contre les Pays-Bas à Sète, va-t-il marquer le début des choses sérieuses ?
Ce sera un premier match amical, avec seulement une dizaine d'entraînements ensemble, donc c'est dur de juger. Il faut utiliser ce premier match amical dans notre préparation, réussir à jouer correctement en trouvant d'autres solutions, parce qu'on risque d'être en difficulté physiquement. Les Néerlandais sont plus avancés que nous dans leur préparation, ils ont repris une semaine avant nous, donc on va se mesurer à une équipe qui est mieux armée que nous sur le plan physique. Ce match va être important dans ce sens, mais aussi pour voir où on se situe et pour axer plus spécifiquement le travail en situation.

A titre personnel, ce match va être un peu particulier pour vous, puisqu'il se jouera à Sète, où vous avez débuté en pro...
C'est la première fois que je reviens jouer à Sète depuis mon départ du club. C'est forcément spécial, oui : j'habite à Sète, c'est mon club de cœur, c'est là-bas que j'ai commencé en pro. J'ai beaucoup d'amis là-bas, donc bien sûr que ça me tient à cœur, je suis très content de revenir jouer à Sète.

De la même manière, l'équipe de France ira ensuite disputer un tournoi de préparation en Pologne (du 24 au 26
 août), où vous jouez en club, (Zaksa Kedzierzyn-Kozle). Vous n'étiez pas là lors du précédent passage des Bleus en Pologne en juin. Cette fois, vous allez être un peu le régional de l'étape ?
Oui, je joue en Pologne depuis quatre ans, donc il y aura du monde, il y aura des supporters de Zaksa qui seront là. Je suis super content de revenir en Pologne, c'est vraiment un pays au top, pour le volley, mais aussi pour la vie quotidienne. Je suis à chaque fois content d'y revenir parce que les salles sont belles et les ambiances magnifiques, c'est toujours un plaisir.

La France a été battue par la Pologne (0-3) lors du dernier face-à-face entre les deux nations, alors que vous étiez absent. L'idée, c'est aussi de remettre les pendules à l'heure ?
Pas vraiment. C'est sûr qu'on va disputer ce match et ce tournoi pour les gagner, mais ça reste des matchs amicaux, ce ne sont que des étapes dans notre préparation. Le plus important, c'est le travail qu'on va faire ensemble pour être prêt au début du Mondial. La préparation collective passe avant tout.