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(Miniature) Laurent Tillie : « On n’est pas loin de la vérité »
(c) Julien Crosnier/FFVolley
24/09/2018
Laurent Tillie : « On n’est pas loin de la vérité »
Auteur A.C., à Varna
C’est depuis leur hôtel à proximité de Varna que les joueurs et le staff de l’équipe de France ont suivi la victoire dimanche soir de la Pologne sur la Serbie (3-0) qui a entériné leur élimination du Championnat du monde. Après avoir réuni ses joueurs une dernière fois, le sélectionneur Laurent Tillie a dressé un premier bilan de la compétition.
Laurent, on imagine que c’est dur de terminer ce Championnat du monde comme ça…
C’est dur, oui, mais on s’attendait à cette fin, c’est logique, il y avait une équipe, la Pologne, qui jouait sa qualification et une autre, la Serbie, qui ne jouait rien du tout. C’est frustrant parce qu’on dépendait des autres, mais avant de dépendre des autres, on avait notre propre destin en mains. Le but du discours que j’ai tenu aux joueurs, c’est de faire en sorte que l’année prochaine, nous ayons notre destin en mains. Cela passe par une prise de conscience de l’importance des premiers matchs, des premiers points d’un set, pas seulement des derniers, il faut devenir des leaders parfaits. Je leur ai aussi dit que j’étais très fier de leur engagement et du fait qu’ils aient continué dans l’adversité, parce que nous sommes passés par beaucoup d’émotions, de l’euphorie à la déception totale, et réussir à aller jusqu’au bout, à y croire jusqu’au bout alors qu’on a pris des coups sur la tête pendant toute la compétition, ça montre une grande force de caractère de l’équipe et des joueurs, et pour moi, c’est un trésor inestimable. Maintenant, il faut qu’on avance et le but, c’est de repartir de cette compétition pour les échéances qui nous attendent l’année prochaine et sont très importantes.

Après les Jeux Olympiques et le Championnat d’Europe, cela fait trois fois que vous êtes sortis avant le podium, objectif que vous affichez, faut-il revoir les objectifs ?
Non, il faut rêver de podium, parce qu’on est là pour ça, mais en étant conscients qu’on peut perdre contre les premiers comme contre les derniers. Donc il faut qu’on arrive dans la peau d’outsiders et non de favoris. On n’est plus favoris des compétitions, mais on sait qu’on a un potentiel. Maintenant, il faut arriver à l’exploiter. Ce qui est important, c’est de garder cette lucidité vis-à-vis de tout le monde, des médias, des supporters. On s’entraîne beaucoup, on fait beaucoup de sacrifices, on rêve du podium, on met tout en place pour y aller, mais on ne réussit pas forcément.

Le tournant de ce Championnat du monde, est-ce ce match perdu au premier tour contre les Pays-Bas ?
Il n’y a pas eu qu’un tournant, il y en a eu trois. Pour moi, les Serbes, c’est pareil, on avait le match en main. Les Brésiliens, c’était un peu miraculeux, mais on était là au tie-break. A chaque fois, l’agressivité était du mauvais côté, nous, on se rongeait un peu, on jouait avec la pression, il faut arriver à se libérer de ça.

L’été 2019 sera particulièrement chargé, avec la Volleyball Nations League, le tournoi de qualification olympique et le Championnat d’Europe en France, comment faudra-t-il l’aborder pour remplir les objectifs ?
Il ne faut pas trop se poser de questions, parce que quand même, notre parcours est beau. Certes, on ne passe pas, mais on n’est pas loin de la vérité, un peu de réussite ferait du bien. Par contre, on ne doit pas s’endormir sur nos lauriers, parce qu’on n’a rien gagné. L’année prochaine, les objectifs seront la qualification olympique et le Championnat d’Europe pour caler notre préparation. Cette année, nos deux préparations (pour la VNL et le Championnat du monde) ont été assez bonnes, même si on n’a pas eu les résultats espérés, on va regarder ça de près pour que ça marche.