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(Miniature) L’interview bleue – Alexandra Dascalu: « Je suis comblée »
Facebook Polisportiva Due Principati Volley
01/11/2018
L’interview bleue – Alexandra Dascalu: « Je suis comblée »
Pour le premier entretien de la saison avec une joueuse de l’équipe de France, focus sur Alexandra Dascalu, partie vivre sa première expérience à l’étranger en deuxième division italienne. La pointue des Bleues a rejoint Baronissi, en Serie A2, où le niveau est proche de celui de la Ligue A française.
Alexandra, revenons d’abord sur le début de saison de votre équipe. Vous venez de remporter votre premier match, le week-end dernier, lors de la quatrième journée de Serie A2
On s’est imposées au tie-break, et c’est sûr que ça fait du bien. Les victoires font toujours du bien. Celle-ci nous rassure un peu. On se disait qu’il était temps. On enchaîne ce soir (jeudi), et on rejoue dimanche.

Sur le plan individuel, vous réalisez un bon début de saison (15,5 points de moyenne par match)…
Je suis plutôt satisfaite, mais je ne vais pas m’en contenter, je veux toujours faire mieux. Mais je dois admettre que ça se passe plutôt bien. Je cherche à m’améliorer en termes de constance, même si je suis plutôt contente de ce que je fais.

Vous avez des responsabilités dans votre nouvelle équipe…
Oui, j’ai un rôle important. Je ne vais pas dire que c’est nouveau, parce que je travaille depuis quelques temps sur ce rôle-là, que Stijn (Morand) m’avait donné à Paris, à savoir d’être cadre dans l’équipe, et c’est un peu la même chose en équipe de France où je fais partie des plus anciennes. On attend des choses différentes de moi, par rapport à quand j’avais 20 ans. C’est un rôle que j’essaye d’apprivoiser. De poser un peu le jeu quand ça ne va pas, de ne pas être celle qui va prendre des risques inconsidérés, malgré mon poste de pointue… C’est quelque chose qui me plait, d’essayer d’apporter un peu de sérénité sur le terrain. Apporter mon expérience, tout simplement.

C’était aussi votre objectif, en partant à l’étranger, d’acquérir encore plus d’expérience ?
Complètement. Le but, c’était de sortir de ma zone de confort, qui était la Ligue A. C’est un championnat que je connais plutôt bien, même si chaque saison est différente. On connaît les joueuses, on connaît les équipes, qui ne changent pas toujours à 100%... Ça devient routinier, je voulais sortir un peu de cela. Je voulais faire face à de nouveaux challenges, et pour l’instant je suis comblée. La « A Due » répond complètement à mes attentes.

Le niveau de jeu vous surprend ?
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Dans mon esprit, je situais ça entre la DEF (Division Elite Féminine, la deuxième division française) et la Ligue A française. Et je me suis trompée, tout simplement. Toutes les équipes qu’on a rencontrées jusqu’à présent, et j’imagine que ce sera la même chose pour les autres équipes, n’auraient pas du tout à rougir en Ligue AF. Le championnat est hyper relevé, par rapport à ce que j’imaginais. C’est différent. C’est étrange de ne pas connaître les joueuses, de se baser uniquement sur une vidéo avant les matchs. C’est un peu nouveau. Mais c’est excitant aussi, parce que personne ne me connaît non plus.

"Je me suis renseignée sur le club, sur l’entraîneur que j’allais rencontrer..."

Vous êtes donc à Baronissi. On a dû aller jeter un œil sur Google Maps pour voir où c’était…
Oui moi aussi (rires).

Vous vous étiez renseignée sur la ville avant de signer ?
Non pas sur la ville, parce que ce n’est pas ce qui m’intéressais le plus, mais sur le club. Quand on débarque dans un nouvel endroit sans connaître, on peut avoir de mauvaises surprises. Je voulais éviter ça, surtout pour ma première année à l’étranger. Je me suis renseignée sur le club, sur l’entraîneur que j’allais rencontrer, parce que c’était un critère important dans mon choix. J’ai été assez rassurée par toutes les personnes qui en savaient plus que moi, notamment sur les joueuses. La passeuse avec qui je joue a passé deux ans à Béziers (Stefania Dall’Igna, ndlr), ça m’a rassurée de savoir qu’elle était là, je connaissais son niveau. J’avais pris pas mal d’informations, je n’ai pas signé sur un coup de tête.

Vous parlez italien ?
Mon compagnon dit que oui, moi je suis assez sévère avec moi-même (rires). Mais ça va ! J’arrive à me faire comprendre, je comprends très bien. Il y a encore des progrès à faire, mais ça va.

Baronissi, c’est une ville du sud de l’Italie...
C’est près de Salerne, et c’est au sud de Naples, à une soixantaine de kilomètres. La vie italienne ? Ça me plaît beaucoup, mais je n’ai pas encore vraiment eu le temps d’y goûter. Pour l’instant je goûte à la vie de sportive en Italie, ce n’est pas tout à fait la même chose. Entre les entraînements, on n’a pas le temps de faire grand-chose. Les matinées de repos, on les utilise pour se reposer, pas forcément pour visiter, découvrir de nouvelles choses. Mais ça me plaît, c’est sympa. C’est aussi ce que je suis venue chercher, même si je n’en profite pas forcément à fond, parce que je ne suis pas venue faire du tourisme.

Quel est l’objectif du club cette saison ?
 

C’est d’abord d’assurer le maintien. C’est un club assez jeune en Serie A2, c’est sa deuxième saison à ce niveau. Il faut d’abord pérenniser sa situation en « A Due », et ensuite, si on peut accrocher les playoffs, c’est encore mieux. Mais ce serait du bonus. 

"Avec les Bleues, ça s'est super bien passé cet été"


 

Terminons avec l’équipe de France. L’été 2018 a été très bon, avec ces quatre victoires qui vous ont permis d’assurer la qualification pour l’Euro 2019.

Oui, il n’y a rien à redire. Quatre matchs de qualifications, quatre victoires en trois sets… Si on nous avait dit ça avant, on aurait signé tout de suite, c’est clair. Ça c’est super bien passé avec le nouveau sélectionneur (le Belge Emile Rousseaux, ndlr). On a tout de suite adhéré à son discours, qui est très clair, franc. C’est quelqu’un qui sait où il veut aller et comment il veut y aller. C’est un peu « qui m’aime me suive », et pour l’instant on suit, on adhère toutes ! C’est quelqu’un qui a une vision différente, et on en avait besoin je pense, de voir les choses avec un œil un peu nouveau. Il dit les choses telles qu’elles sont, il n’a pas peur de dire les vérités, qui parfois ne font pas plaisir. Ce n’est pas en caressant dans le sens du poil qu’on progresse. Ça s’est bien passé en tout cas, on apprécie.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour 2019 ?
Que des bonnes choses ! Monter en Serie A avec Baronissi, être dans le Top 5 des meilleures marqueuses, pourquoi pas une finale de Coupe ! Et une bonne performance à l’Euro avec l’équipe de France. On ne va pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, mais on se souhaite le meilleur, et on va travailler pour y arriver.