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16/11/2018
L’interview bleue – Amandine Giardino: « Le Volero, ça ne se refuse pas»
De retour cette année au Cannet, après trois belles années à Saint-Raphaël, la libero des Bleues Amandine Giardino est heureuse de prendre part à un projet très ambitieux. Le Volero disputera notamment le championnat du monde des clubs.
Amandine, après une défaite lors de la première journée de Ligue AF, vous restez sur quatre succès consécutifs. Le Cannet monte en puissance ?
On a perdu contre Chamalières (1-3), et il n’y avait pas vraiment d’excuse liée au fait qu’il nous manquait quelques joueuses, ou que certaines n’étaient là que depuis une semaine. On manquait d’automatismes, mais on aurait dû gagner ce match. Ça nous a servi de leçon, dans ce championnat qui est très homogène cette saison. Ensuite on a gagné 3-2 et 3-2 contre Venelles et Béziers, et on enchaîne sur deux succès 3-0. Donc on est vraiment contentes
.
Vous devez être heureuse être de retour au Cannet, vu les ambitions du club ?
Oui, franchement, je suis vraiment très contente. Ce n’est pas que Saint-Raphaël n’avait pas d’ambition, c’est un club qui espère toujours faire de belles saisons. On a quand même gagné le championnat (en 2016, ndlr), terminé deux fois dans les quatre premiers. La barre est assez haute. Mais au Cannet, il y a un vrai projet, qui est d’essayer de tout gagner, même sur le plan européen. Les moyens sont mis, au niveau du staff, sur le plan médical, pour vraiment performer.

"Pour progresser, sur le plan physique, sur le volley, il n’y a pas mieux qu’ici"

Quitter Saint-Raphaël pour Le Cannet, c’était une décision difficile ?
Non. C’était difficile parce que j’ai passé de très belles années là-bas, c’est le premier club dans lequel j’ai signé quand je suis sortie de l’IFVB. On avait gagné la Coupe, on était montées. Ensuite j’étais partie au Cannet pour être derrière une libero de top niveau mondial (l’Américaine Nicole Davis, ndlr). Puis quand je suis revenue à Saint-Raph’, on gagne le championnat, on va deux fois en demi-finales… J’ai passé trois ans là-bas, je connaissais tout le monde… Mais sur le plan du développement personnel, il faut voir plus loin. Et au niveau sportif, ce n’était pas un choix difficile. Jouer au Volero, ça ne se refuse pas.

C’est le nom Volero, et tout ce qui va avec, qui a motivé ce choix ?
J’ai quand même signé un contrat de trois ans. C’est un projet sur du long terme, avec des jeunes joueuses. On travaille beaucoup. On peut dire : « Le Volero, c’est l’argent, etc ». Oui, mais il y a trois entraîneurs à chaque entraînement, plus un préparateur physique qui est là à chaque fois. Pour progresser, sur le plan physique, sur le volley, il n’y a pas mieux qu’ici. Il y a des joueuses avec un fort potentiel, donc on s’entraîne beaucoup, il y a beaucoup de rigueur. C’est ce que j’aime bien. Et faire des compétitions comme la Coupe d’Europe, ou le championnat du monde des clubs, ça ne peut pas se refuser.

Le club a beaucoup changé depuis votre départ en 2015…
Oh oui, ça n’a rien à voir. C’était déjà un club ambitieux, la saison où j’y étais on a gagné la Coupe de France, on a terminé deuxième du championnat. Il y avait Riccardo Marchesi, qui est à Cannes aujourd’hui, de très bonnes joueuses comme Nicole Davis, Cassidy Lichtman ou Myriam Kloster. C’était costaud. Mais cette année, c’est autre chose.

"Le Mondial des clubs ? Un truc de fou !"

Les ambitions du club sont claires ?
Tout gagner ! Le championnat, la Coupe.

Et la Challenge Cup ?
On commence la semaine prochaine (contre l’Olympiakos, ndlr). Là aussi, je pense que le but est d’aller le plus loin possible.

Et vous jouerez aussi le Mondial des clubs, ça a été officialisé récemment. C’était dans les cartons depuis longtemps ?
C’est un truc de fou ! On nous en avait déjà un petit peu parlé, mais ça ne fait pas très longtemps qu’on est au courant. Le Volero Zurich y avait participé à plusieurs reprises, donc je suppose que ça allait de pair. Avant de signer ici, on savait déjà que c’était une possibilité.

Sur un plan personnel, vous n’avez que 23 ans, mais vous avez plusieurs saisons professionnelles derrière vous. Vous faites partie des cadres du groupe ?
Je n’ai pas cette sensation. On a une équipe jeune, mais sur le terrain on n’a pas l’impression d’avoir une jeune équipe. La plupart des filles ont déjà joué à l’étranger, dans un bon club. Dans la tête, elles ne sont pas si jeunes que ça. On n’a pas vraiment de statut prédéfini, ce qu’on doit faire, c’est jouer à notre top niveau, et chacune doit prendre ses responsabilités.

Ce week-end, c’est un match particulier contre Saint-Raphaël…
C’est sûr que c’est un peu spécial pour moi parce que j’ai passé plusieurs années là-bas, et je vais jouer contre Giulio (Bregoli) qui a toujours été mon coach, des filles avec qui j’ai joué… Ça me tient à cœur de faire un bon match. Mais sincèrement, et je vais dire ça sans prétention aucune, les ambitions du club sont de tout gagner donc pour nous c’est un match comme les autres, et je vais l’aborder de cette manière. Il faut qu’on joue bien et qu’on gagne, tout simplement.

"Les Bleues ? On a hâte de se retrouver"

Finissons avec l’équipe de France, avec qui vous avez vécu un bel été…
Oui, c’était vraiment top, que des bonnes choses ! Enfin surtout sur la deuxième partie de l’été, mais c’était le principal (le tournoi de qualification pour le championnat d’Europe, ndlr). L’objectif était de se qualifier, on s’est qualifiées. Il nous reste deux matchs en janvier pour assurer la première place de la poule.

Ça doit donner envie d’être à l’été prochain…
Clairement. Emile Rousseaux est arrivé avec une autre approche du volley. Il a essayé de donner sa chance à tout le monde en pratiquant un certain turnover. Il traite toutes les joueuses de la même façon, on bosse très dur, on est à fond. Et je pense que ça s’est vu sur le terrain, que le niveau est monté. Toutes les filles, on était vraiment contentes. On a hâte de se retrouver, et de s’entraîner pour faire quelque chose au championnat d’Europe. Parce qu’on ne veut pas y aller pour faire de la figuration.