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(Miniature) Kévin Le Roux : « La vie est belle »
Photo : Sada Cruzeiro
25/01/2019
Kévin Le Roux : « La vie est belle »
Après une saison 2017-2018 passée entre Moscou et Rennes, Kévin Le Roux a posé ses valises au retour du dernier Mondial au Brésil, où il défend les couleurs du Sada Cruzeiro, quintuple champion brésilien en titre. Le central des Bleus nous raconte ses premiers mois à Belo Horizonte.
Comment s’est passée ton adaptation au Brésil ?
Ça se passe bien, la vie est belle : je mange bien, je vis bien, il fait beau, et dans le volley, ça se passe bien aussi. Nous sommes premiers du Championnat, nous disputons le Final Four de la Coupe du Brésil ce week-end, on va jouer en demi-finale contre une équipe moyenne (Maringa, 7e en Championnat) pour sans doute affronter en finale Taubate (4e, qui affronte Minas en demi-finale), on espère bien remporter cette Coupe. Sinon, pas de blessure, le dos tient, je suis heureux.

Parle-nous de la ville, Belo Horizonte...
Belo Horizonte n’est pas une ville très touristique, ce n’est pas Rio ni Sao Paulo, mais c’est une ville sympa, il y a environ 3 millions d’habitants, pas mal de choses à faire, même si je t’avoue que depuis que je suis arrivé, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour visiter. En tout cas, je suis bien installé dans un appartement des beaux quartiers de Belo Horizonte, je suis tranquille. J’ai des amis qui vont venir en février et mars, ça va me faire du bien.

As-tu eu le temps de rentrer en France depuis ton arrivée ?
Oui, on a eu une coupure pendant les fêtes, donc je suis allé à Istanbul pour voir ma copine qui joue à Galatsaray, y compris le jour de Noël, ensuite, je suis allé à Paris, puis voir la famille à Nantes et en Bretagne, je suis rentré le 1er janvier au Brésil.

Que penses-tu du niveau du Championnat brésilien ?
C’est fort, c’est du jeu brésilien, technique et rapide, mais aussi physique, parce que ça saute et ça tape fort, on sent le style de l’équipe nationale brésilienne. Il y a quatre équipes qui dominent, mais celles qui sont de la cinquième à la huitième place sont aussi assez fortes, ça leur arrive de battre Rio, Sao Paulo, Taubate, les matchs sont assez serrés, on ne peut pas prendre ces équipes à la légère. J’ai été assez surpris de ça.

Comment est l’ambiance ?
Franchement, c’est chaud, les salles sont souvent pleines. Nous, on a une des plus petites salles, elle doit faire 2500 places, mais c’est chaud, déjà, parce qu’aucune salle n’est climatisée, ensuite parce que le public aime le spectacle, les gens dansent, chantent, font la fête, à la brésilienne quoi ! On avait connu ça aux JO à Rio.

Le club est-il bien structuré ?
Oui, c’est top, il y a tout. Il y a un gros staff avec deux coachs, un statisticien, un prépa physique, deux kinés, deux docteurs, tu as juste à t’entraîner quand tu viens à la salle. Et en dehors, les gens du club s’occupent vraiment bien de nous, dès que j’ai une galère pour me faire comprendre, je peux les appeler, ils vont traduire pour moi.  

Tu côtoies des internationaux brésiliens contre lesquels tu avais l’habitude de jouer en sélection, ça se passe bien ?
C’est vrai, il y a le grand central Isac et le deuxième pointu de l’équipe nationale, Evandro, ça fait plaisir de jouer avec eux, ils connaissent le volley, ils aiment ça, ça joue bien, et à côté, ce sont de bons gars, on peut aller boire un coup ensemble après l’entraînement ou un match, c’est cool, j’aime bien leur mentalité. Dans l’équipe, il y a aussi Taylor Sander, le récep 4 des Etats-Unis, aussi un bon gars, même si on le voit un peu moins dehors car il vient d’avoir son petit qui a six mois.

"Au niveau des stats, je suis content"

Ça fait une grosse équipe, quels sont les objectifs de Sada Cruzeiro ?

C’est vrai que sur le papier, l’équipe est assez forte, nous avons aussi un autre très bon réceptionneur-attaquant, très jeune, Rodriguinho, qui, à mon avis, sera d’ici un ou deux ans max en équipe nationale, c’est une bête, il est vraiment très impressionnant pour son âge (22 ans), il va tout péter dans les prochaines années. Après, les objectifs, c’est d’essayer de tout gagner.

Ce qui n’a pas été le cas fin novembre lors du Championnat du monde des clubs en Pologne, où vous n’avez pas réussi à sortir de la poule, comment l’expliques-tu ?
On a très mal joué, on ne peut pas le nier, ce n’était pas le niveau auquel on est habitués en Championnat, c’est difficile d’expliquer pourquoi. On pensait vraiment sortir de la poule, battre Resovia, mais ils ont fait un très bon match et nous ont posé beaucoup de problèmes. Mais pour moi, c’était une première, donc c’était malgré tout une bonne expérience et c’était sympa de revoir Thibault (Rossart), Rafa (Redwitz), mais aussi Jenia (Grebennikov), on se rejoignait à l’hôtel pour discuter.

A titre personnel, on a l’impression que tu montes en puissance au vu de tes statistiques ?
Oui, c’est vrai. On a eu un peu de mal en début de saison, parce qu’il a fallu se régler avec le passeur, Fernando, qui est jeune (il vient d'avoir 23 ans), c’est la première fois qu’il est titulaire dans un club, c’est assez compliqué quand on est aussi jeune de prendre les rênes d’un club comme Sada, il lui manquait un peu d’expérience, et au début, on avait du mal à se trouver. Là, ça va de mieux en mieux, mais ça a forcément pris un peu de temps. Maintenant, c’est vrai qu’au niveau des stats, je suis content, je suis 5e meilleur serveur, 3e meilleur bloqueur du Championnat, je joue sur deux tableaux, mes performances individuelles sont bonnes et ça aide l’équipe.

Tu sens qu’on compte beaucoup sur toi ?
Oui, parce que tu n’as que deux étrangers par équipe sur les quatorze, donc les étrangers sont importants, on attend beaucoup d’eux. Et ça se ressent en match : par exemple, sur mon service, j’ai un peu carte blanche, sur ma manière de bloquer aussi. On a bien évidemment un plan de jeu, mais le coach sait que j’aime bien jouer en toute liberté et il me fait confiance, du coup, j’arrive à jouer mon volley, je suis content.

Dans ces conditions, aimerais-tu prolonger l’aventure ?

Si on me propose un contrat pour continuer, je signe tout de suite, les yeux fermés ! Je suis vraiment très bien ici, le volley est bon, la vie est belle. Maintenant, il est encore trop tôt pour en parler, je ne sais pas ce qu’ils comptent faire. Moi, je continue à faire mon volley.

"On a hâte de jouer ce Championnat d’Europe"

Parlons de l’équipe de France : as-tu suivi le tirage au sort de l’EuroVolley 2019 et qu’en as-tu pensé ?

Oui, j’ai vu. C’est une poule abordable, je trouve d’ailleurs que toutes les poules sont bien équilibrées, avec deux grosses équipes par poule, nous on a l’Italie, qu'on connaît bien, plus la Bulgarie qui peut nous poser des problèmes. Le reste, ce ne sont pas forcément des grosses nations, mais il faudra être sérieux et gagner ces matchs pour finir dans les deux premiers et avoir une bonne place en 8e de finale.

As-tu hâte d’y être ?
Oui, on a hâte de jouer ce Championnat d’Europe. Après, il y aura la VNL avant, la qualification olympique qui sera importante, donc on va encore avoir un été bien chargé, il faudra qu’on se prépare bien pour arriver en forme au Championnat d’Europe.

Que penses-tu justement de la poule dont vous avez hérité pour le TQO (Pologne, Slovénie, Tunisie) ?
Quand mes coéquipiers brésiliens ont vu notre poule, ils ont fait « Aïe ! ». Ca va être costaud, la Pologne, c’est le top, ils sont doubles champions du monde, avec en plus Leon qui va renforcer l’équipe. Après, ils ne sont pas imbattables, ce n’est pas injouable. Et la Slovénie, c’est aussi solide, on les avait battus 3-0 en finale de l’Euro en 2015, mais on avait eu du mal.

Un mot pour finir sur les résultats de Rennes qui marche bien cette saison ?
Oui, ils font de très bonnes performances, ils ont perdu la première place de peu, mais ils marchent bien, ils ont une très belle équipe, j’ai vu qu’ils s’étaient qualifiés pour les demi-finales de la Coupe de France, tant mieux pour eux.


Final Four également en Pologne pour trois Bleus. Kévin Le Roux ne sera pas le seul international français engagé sur un Final Four de Coupe de week-end, puisqu'ils seront trois concernés par celui de la Coupe de Pologne qui se dispute samedi et dimanche à Wroclaw : avec Zaksa, qui a dominé Belchatow mercredi en quarts (3-0), Benjamin Toniutti affronte Zawiercie en demi-finale, tandis que la seconde demi-finale met aux prises Onico Varsovie, l'équipe d'Antoine Brizard, à Jastzebski Wegiel, celle de Julien Lyneel.