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(Miniature) L’interview bleue : Alexandra Dascalu
Photo : tauronliga.pl
20/11/2020
L’interview bleue : Alexandra Dascalu
Après une expérience mitigée la saison dernière en Roumanie, qui l’avait conduite à rentrer en France, au Stade Français, Alexandra Dascalu porte désormais les couleurs de la formation polonaise de Bydgoszcz. La pointue tricolore, 29 ans, raconte cette nouvelle expérience.
Pourquoi avoir fait ce choix de rejoindre le championnat polonais l’été dernier ?
J’avais pour objectif de repartir à l’étranger après mon retour à Paris la saison dernière, pour les mêmes raisons que celles qui m’avaient conduite à partir les premières fois (en Serie A2 italienne puis en Roumanie), à savoir que je connais bien le championnat de France et que j’avais donc envie de continuer à me confronter à d’autres championnats et à d’autres cultures, je prends plaisir à jouer et à vivre à l’étranger. Comme la situation était compliquée avec le coronavirus, j’avais quand même envisagé des solutions en France, je ne savais pas trop comment ça se passait dans les clubs étrangers, j’ai eu la chance que Bygdoszcz me recontacte, j’avais en effet déjà été en contact avec le club l’année précédente. Le coach (Piotr Matela) me connaissait déjà, il me suivait depuis deux ans, ça a sans doute facilité les choses et mon choix s’est porté sur ce club assez naturellement, parce que je savais à peu près à quoi m’attendre.

Comment s’est passée l’adaptation à ce nouvel environnement ?
Je suis arrivée mi-juillet pour commencer la préparation, ça s’est très bien passé. L’équipe n’était pas encore au complet, parce que la deuxième étrangère (la Brésilienne Regiane Bidias) nous a rejointes bien plus tard, trois journées après le début du championnat, et deux Polonaises étaient en stage avec l’équipe nationale. Je me suis intégrée tranquillement, j’ai appris à connaître les filles au fur et à mesure, ce qui est bien, c’est qu’elles parlent quasiment toutes anglais, ça facilite forcément les choses, parce que parler polonais, ce n’est pas facile !

La reprise n’a pas été trop difficile, après les quelques mois d’arrêt dus au confinement ?
Non, parce que le coach a fait ça en bonne intelligence, c’est-à-dire que nous avons repris très progressivement. Pendant trois semaines, nous n’avons quasiment pas fait de sauts à l’entraînement, les seuls sauts que nous faisions, c’était sur un terrain de beach, donc c’était très bien pour les articulations, pour reprendre en douceur, ça a été très bien géré. Et ça a permis au corps de se réhabituer progressivement à la charge de travail qu’on lui impose.

"Le championnat polonais, un challenge permanent"

Peux-tu nous parler du niveau de la Tauron Liga ?
Clairement, c’est le plus haut de niveau de jeu auquel j’aie été confrontée jusqu’à maintenant en club, chaque match est un challenge permanent, autant sur le point physique que technique. Physiquement, je m’attendais à rencontrer des filles très grandes, qui sautent haut, c’est le cas, mais techniquement aussi, c’est très propre, il faut mobiliser toutes ses ressources pour arriver à marquer des points.

As-tu senti d’entrée qu’on te confiait des responsabilités ?
Oui, clairement. Je le sens au quotidien, la passeuse me fait confiance, elle joue beaucoup avec moi, le coach aussi m'accorde sa confiance, il me demande de tenir mon rôle, tout simplement, ça s’est fait assez facilement.

Comment juges-tu votre début de saison ?
C’est un début un peu frustrant, parce que nous avons une équipe qui a vraiment un très bon potentiel quand nous parvenons à jouer toutes ensemble à notre maximum, mais malheureusement, on n’arrive pas à concrétiser ça et à s’exprimer pleinement sur le terrain. Sur nos sept matchs, on n’en a gagné que deux, on est neuvièmes, j’ai le sentiment qu’on n’est pas trop à notre place et que nous avons les moyens de faire mieux. Il faut pour cela qu’on arrive à jouer notre volley du début à la fin des matchs.

As-tu tout de même l’impression de progresser ?
Mes prestations sont un peu à l’image de l’équipe, c’est-à-dire que je pense que je peux faire mieux, je suis un peu mesurée, je ne suis pas tout à fait satisfaite de ce que je montre jusqu’à maintenant. J’ai l’impression de ne pas scorer assez, de ne pas donner tout ce que je pourrais donner à l’équipe. Je travaille pour améliorer ça, mais je ne peux pas me satisfaire de ce que j’ai montré jusque-là.

"L’équipe de France est toujours un objectif pour moi"

Comment se passe la vie quotidienne à Bydgoszcz ?
Ce n’est pas une très grande ville, mais je m’y plais beaucoup, c’est parfait pour prendre ses marques en tant qu’étrangère, c’est une ville charmante, j’habite à deux pas du centre. Au début de saison, j’en profitais souvent pour me balader avec mes coéquipières. Là, c’est plus difficile en raison des restrictions liées au coronavirus.

Quelle est la situation sanitaire en Pologne ?
Pour le moment, il y a des quarantaines en cas de Covid, nous avons d’ailleurs dû observer deux semaines de quarantaine parce que nous avons eu quelques cas positifs dans l’équipe. Sinon, tous les bars et restaurants, les musées, les salles de spectacles et de sports sont fermés, nous jouons à huis clos depuis plus d’un mois. Nous n’en sommes pas encore au couvre-feu ni au confinement, mais visiblement, le gouvernement y pense, parce que le nombre de cas augmente.

As-tu croisé les autres internationales françaises évoluant en Pologne, Julie Oliveira Souza (Legionowo) et Juliette Fidon Lebleu (Rzeszow) ?
Pas encore, mais ça arrive : on joue dimanche à Rzeszow et le week-end suivant, on reçoit Legionowo, donc je verrai Julie.

A propos d’équipe de France, as-tu des nouvelles du staff et es-tu tournée vers les qualifications au Championnat d’Europe 2021 qui doivent avoir lieu en janvier ?
L’équipe de France est bien sûr toujours un objectif pour moi. Et j’ai justement eu Emile Rousseaux au téléphone mercredi soir, il m’a dit que la CEV faisait tout pour que les qualifications se jouent. Maintenant, je ne sais pas si je serai sélectionnée ou pas, Emile appelle toutes les joueuses pour prendre des nouvelles, pour voir comment les filles se sentent dans leurs championnats respectifs et physiquement ; en tout cas, si je suis appelée, je serai bien évidemment disponible pour l’équipe.