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(Miniature) L’interview bleue : Lucille Gicquel
Photo : Instagram / SV.league
06/03/2026
L’interview bleue : Lucille Gicquel
Après l’Italie et la Turquie, Lucille Gicquel est partie tenter cette saison l’aventure au Japon, avec le club de Toray Arrows. Même si le rythme est soutenu, et les résultats difficiles, la pointue internationale française apprécie pleinement cette expérience.
La fin de saison approche au Japon, comment vas-tu ?
Je suis fatiguée (rires). C’est assez intense ! On s’entraîne beaucoup, on joue beaucoup, deux fois dans le week-end à chaque fois. On n’a pas forcément l’habitude de ce rythme, et sur la fin de saison ça commence à devenir compliqué, avec pas mal de petits bobos. Je viens de me faire une petite déchirure au mollet, je suis “out” pour quelques semaines. Et sportivement, ce n’est pas évident, parce qu’on n’a pas beaucoup de résultats avec l’équipe. On concède beaucoup de défaites (seulement 6 victoires en 34 matchs, ndlr), et ce n’est pas très fun.

C’est vrai que le classement n’est pas très réjouissant (12e sur 14), comment est-ce que ça se passe avec l’équipe ?
Ça se passe plutôt bien, les filles sont très gentilles, même si on n’a pas énormément de communication car pratiquement personne ne parle anglais parmi les joueuses. La traductrice est là pour nous permettre de communiquer. Les filles sont vraiment gentilles, très respectueuses. C’est vraiment tranquille dans le vestiaire, il n’y a pas d’histoires, pas de problèmes, et ça fait du bien, mine de rien.

Dans ce contexte, est-ce que tu arrives à t’épanouir au niveau personnel ?
C’est un peu compliqué. Disons que je ne prends pas énormément de plaisir, parce que je suis une compétitrice, cela m’impacte d’avoir autant de défaites. Ce n’est pas très agréable, et je cogite beaucoup, pour savoir ce qu’on pourrait faire mieux.

Le point positif, c’est que tu ne manques pas de temps de jeu, ni de ballons...
C’est sûr que je n’ai pas le temps de m’ennuyer le week-end ! J'attaque beaucoup, et c’est peut-être aussi pour cela que mon corps commence à lâcher sur la fin de saison. J’ai eu des soucis avec mon dos toute l’année, j’ai joué avec pas mal de douleurs, j’ai commencé à avoir mal au tendon d’Achille il y a deux semaines, et donc maintenant le mollet... Le rythme fait que le corps commence à dire stop. Mais en même temps, on m’en demande beaucoup, c’est mon rôle en tant que joueuse étrangère. Et le fait de perdre autant de matchs me rajoute encore plus de responsabilités et de pression sur mes performances. Ce n’est pas forcément évident à gérer.

Découvrir un nouveau style de jeu et un nouveau championnat, c’est enrichissant ?
Oui, c’est vraiment différent des championnats dans lesquels j’ai joué auparavant. C’est vraiment axé sur la défense, ce sont des joueuses qui sont en général moins physiques, mais plus techniques, plus rapides, avec beaucoup de combinaisons dans le jeu. Il y a beaucoup de rallyes, les matchs sont plus cardios, ils sont assez longs. C’est vraiment intéressant parce que c’est une autre manière de voir les choses, c’est très tactique aussi, je trouve qu’on est plus analysées en tant que joueuses, et ce n’est pas évident de mettre le ballon par terre parce que ça défend bien. A un moment dans la saison, je sentais que j'avais beaucoup été analysée, j'ai dû réfléchir pour trouver d'autres manières d'attaquer, en jouant par exemple avec le bloc.
 
 
"Le Japon, une expérience unique"

Dans ce projet de venir au Japon, il n’y avait pas que l’aspect volley, mais aussi l’envie de découvrir ce pays. Est-ce que tout va bien de ce côté-là ?
Franchement, c’est une expérience unique, je ne regrette pas du tout. C’est quelque chose que je voulais faire, le pays est superbe, il y a plein de choses à voir, à découvrir, à visiter. L’atmosphère est différente, et la nourriture, il faut qu’on en parle, c’est vraiment excellent (rires). Les jours off, j’ai toujours envie d’aller voir quelque chose. En plus, je suis à côté de Kyoto, qui est une super ville avec plein de choses à faire, je ne suis pas loin d’Osaka. Maintenant, c’est vrai que je ressens plus la solitude que dans d’autres championnats, surtout sur la fin de saison. Ce n’est pas évident de prévoir des choses avec les autres joueuses, parce qu’elles ne parlent pas vraiment anglais.

A quoi ressemble ton quotidien ?
En général, on a match le samedi et le dimanche, puis on a une journée et demi “off”, le lundi et le mardi matin. On reprend le mardi après-midi. On s’entraîne généralement pendant 2h30, sachant qu’on doit arriver 40 minutes avant pour nettoyer et préparer la salle, c’est quelque chose de très important au Japon. Ensuite, pour mon quotidien, cela dépend des entraînements, qui ont souvent lieu le matin. Après, je rentre chez moi, je me fais à manger. L’après-midi, soit j’ai des soins et je vois la kiné, soit je reste tranquille chez moi, ou je vais faire un tour en ville à Kyoto.

Au niveau “touristique”, est-ce que tu as pu faire tout ce que tu voulais ?
J’aurais aimé en faire un peu plus, mais on n’a pas forcément le temps. En plus avec la fatigue, ce n’est pas toujours évident, il faut aussi parfois se poser. Mais je suis allée à Osaka, je vais souvent à Kyoto qui est à 10 minutes, je suis allée à Tokyo pendant trois jours pour le Nouvel-An, j’ai vu le Mont Fuji. Franchement, j’ai fait pas mal de trucs, c’est assez sympa.

As-tu prévu de rejoindre l’équipe de France à la fin de saison avec ton club ?
Non, j’ai discuté avec le coach (César Hernandez), j’ai décidé de faire un break pour cet été. Physiquement, il y a des choses que je veux régler, beaucoup de fatigue. Cela fait deux ans que je sens que c’est difficile d’enchaîner le club et l’équipe de France. Je pense que c’est le bon moment pour faire une petite coupure. Cela fait plusieurs années qu’on enchaîne tous les étés, je sens que si je ne fais pas un break maintenant cela va devenir compliqué, je ne vais jamais pouvoir être à 100%.