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(Miniature) L’interview bleue : Amélie Rotar
Photo : FIVB
07/07/2026
L’interview bleue : Amélie Rotar
L’équipe de France retrouve la Volleyball Nations League cette semaine, avec quatre derniers matchs de poule de mercredi à dimanche à Belgrade face aux Pays-Bas, à la Serbie, à la Bulgarie et à la Tchéquie. L’occasion d’échanger avec sa réceptionneuse/attaquante Amélie Rotar (25 ans).
Avant de parler de l’équipe de France, un mot sur ta saison de club à Göztepe, où tu as eu peu de temps de jeu, quel bilan fais-tu de ton passage en Turquie ?
C’est vrai que ce n'était pas ce que j'attendais dans le sens où j'étais censée jouer davantage. Après, comme j'avais la possibilité d’évoluer à deux postes (pointue et réceptionneuse/attaquante), on m’a utilisée un peu sur les deux tout au long de la saison, plutôt que de me fixer sur un seul. C’était du coup assez compliqué d'avoir une identité propre et au final, c'était une saison un peu frustrante parce que je n’ai pas eu beaucoup de temps de jeu, donc c’était moins facile pour progresser. Mais je retiens aussi le positif, dans le sens où j'ai quand même eu la chance de jouer contre certaines des plus grosses équipes du monde, comme le VakıfBank ou Fenerbahçe, donc forcément, on apprend beaucoup en affrontant les meilleures, le championnat turc est vraiment très relevé, donc je n'ai pas de regret d'avoir tenté l'expérience.

Tu vas retrouver la saison prochaine le championnat roumain, dans lequel tu as déjà évolué quelques mois la saison 2024/2025 (Alba Blaj), pourquoi ce choix du Dinamo Bucarest ?
Justement, comme ma saison a été compliquée, je voulais retrouver un environnement stable, dans lequel je pense que je vais pouvoir m’épanouir. Comme tu l’as dit, je connais un peu le championnat roumain, puisque j’ai joué trois mois à Blaj, j’avais vraiment apprécié l’expérience. Et dans ce choix, il y a aussi l’envie de me rapprocher des racines de mon père (Tudor, ancien international roumain), d'en apprendre plus sur son pays natal. Pour cette saison qui arrive, mon objectif est vraiment de retrouver le plaisir de jouer.

Lors de ta première expérience, avais-tu déjà pu te reconnecter avec ton histoire familiale ?
Un petit peu, parce que le frère de mon père habitait à 30 minutes de là où je jouais, j’avais pu le rencontrer, ça faisait vingt ans que je ne l'avais pas vu. La Roumanie est un pays auquel je suis attachée par mon père, mais qui reste encore assez inconnu, donc justement, cette nouvelle expérience va me permettre de m'en rapprocher davantage, c'est une culture que j'ai envie de découvrir, j'ai hâte de voir ce que ça va donner.

Parlons maintenant de l'équipe de France, quel bilan avez-vous tiré des deux premières poules de la Volleyball Nations League (l’équipe de France est pour l’instant 18e avec une victoire en huit matchs) ?
Il est forcément mitigé au vu des résultats. On avait pourtant bien commencé la première semaine, en réussissant à accrocher le Japon (1-3) et les États-Unis (2-3), on aurait aussi pu aller au cinquième set face au Canada sans une petite faute d'arbitrage à la fin, et contre l’Ukraine, on avait réussi à rebondir après avoir très mal commencé (victoire 3-2). Donc il y avait quand même du positif à garder de cette première semaine. On est en revanche sorties plus déçues de la deuxième, et en particulier de notre défaite contre la Belgique (2-3), on avait besoin de gagner ce match pour se redonner de la confiance. Aujourd’hui, nous sommes dans une période délicate parce que nous savons que nous devons performer cette semaine pour rester en VNL, ce n’est pas forcément très facile comme situation, mais c'est quelque chose qu’on doit affronter, parce que notre but est absolument de se maintenir, il n’y a pas le choix, il va falloir prendre tous les matchs à 100 %.

Vous étiez jusque-là plutôt sur une phase ascendante, avec une 9e place l’an dernier en VNL, un historique quart de finale au Championnat du monde 2025, comment vivez-vous cet exercice plus délicat ?
C’est clair que ce qu'on a fait l'été dernier était vraiment beau ; peut-être qu'au départ de cette saison, on s'est dit qu’on allait faire mieux, mais en fait, chaque été est différent. Donc c'est frustrant dans le sens où on sait qu'on a eu les clés pour performer, en particulier lors du championnat du monde où on avait une équipe de départ proche de celle qu’on a en ce moment, même si le groupe dans sa globalité a quand même évolué cet été, avec beaucoup de nouvelles qui ont découvert la VNL. Aujourd’hui, si on réussit, toutes, à mettre les mêmes ingrédients que l'été dernier, je suis persuadée que les résultats peuvent revenir.

Ce qui passe par beaucoup de travail ?
Oui, clairement. Depuis notre retour de Turquie, on a beaucoup travaillé, avec des entraînements de trois heures, c'est la première fois qu'on fait ça depuis deux étés, on a haussé notre niveau d’intensité et de communication, on s’est beaucoup poussées les unes les autres, avec le staff aussi. C’est important d’échanger, de se dire les choses directement, d’être honnêtes. On sort de dix jours intenses, on espère que ça va payer en Serbie.

Est-ce qu'on peut aussi dire que, au vu de vos résultats en 2025, vous êtes maintenant plus étudiées par vos adversaires ?
Oui, ça joue également. On a fait un très bel été 2025, avec notamment de gros matchs contre le Brésil, une victoire sur la Chine au Mondial, donc forcément, les autres équipes ont commencé à parler en bien de nous, à nous regarder de plus près. C'était agréable à entendre parce qu’on sentait que notre travail avait payé, mais ce début de saison nous prouve qu’au plus haut niveau, rien n'est acquis et que ce qu'on a fait l'été dernier ne compte pas cette année. Quelque part, tu repars à zéro chaque été, ce n’est pas parce qu'on a fait une bonne année 2025 que ça va être comme ça à chaque fois.

Pays-Bas, Serbie, Bulgarie, Tchéquie, que t'inspire cette troisième et dernière poule ?
Ce sont toutes de très bonnes équipes. Les Tchèques ont vraiment bien joué les deux premières semaines, les Pays-Bas aussi, la Bulgarie compte une victoire de plus que nous, les Serbes jouent à domicile… Mais quels que soient nos adversaires, on n’a pas le choix. Si on veut rester en VNL (le 18e et dernier descend au niveau européen en 2027), il faut gagner, donc il va falloir se battre sur tous les matchs, car on sait que tous les sets, tous les points, vont compter. Il n’y a pas de match à sélectionner en particulier, on doit vraiment pousser sur chaque rencontre. Forcément, ça change un peu l’état d’esprit, l'obligation de gagner est quelque chose qui met une pression en plus, mais, on doit aussi apprendre à gérer ça, c'est à nous de faire le taf.

 


Programme et résultats de la VNL 2026 (heures françaises) :

Poule 1 (Québec/Canada)

Mercredi 3 juin : France/Japon 1-3 (25-23, 12-25, 22-25, 13-25)
Les stats
Vendredi 5 juin : France/Etats-Unis 2-3 (21-25, 25-23, 25-27, 25-23, 11-15)
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Samedi 6 juin : Canada/France 3-1 (21-25, 25-20, 25-19, 28-26)
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Dimanche 7 juin : Ukraine/France 2-3 (25-18, 25-15, 20-25, 19-25, 10-15) 
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Poule 2 (Ankara/Turquie)

Mercredi 17 juin : France/Brésil 0-3 (22-25, 19-25, 15-25) Les stats
Jeudi 18 juin : Turquie/France 3-0 (25-17, 25-23, 25-20)
Les stats
Vendredi 19 juin : France/Chine 0-3 (18-25, 17-25, 19-25)
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Dimanche 21 juin : Belgique/France 3-2 (25-17, 20-25, 21-25, 25-18, 15-8)
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Poule 3 (Belgrade/Serbie)

Mercredi 8 juillet (13h) : France/Pays-Bas
Jeudi 9 juillet (20h) : Serbie/France
Samedi 11 juillet (16h30) : Bulgarie/France
Dimanche 12 juillet (13h) : France/Tchéquie

Les 8 premières équipes à l'issue de la phase de poules se qualifient pour le Final 8, prévu du 22 au 26 juillet à Macao (Chine)

Tous les résultats et classements sont à retrouver ici.
 

La liste des 16 joueuses à Belgrade (entre parenthèses, les clubs de la saison 2025/2026) :

Libéros : Juliette Gelin (Milan/Italie), Manon Jaegy (Chamalières)
Centrales : Eva Elouga (Béziers), Fatoumata Fanguedou (Chamalières), Camille Massuel (Cannes), Amandha Sylves (Monviso/Italie), Judith Brunier-Balandras (Evreux)
Pointues : Cyrielle Depie (Levallois Paris), Iman Ndiaye (Nilüfer Bursa/Turquie)
Passeuses : Enora Danard-Selosse (Mulhouse), Eve-Yorenne Mathi (France Avenir/IFVB), Nina Stojiljkovic (Panionios/Grèce)

Réceptionneuses/attaquantes : Halimatou Bah (Chieri/Italie), Héléna Cazaute (VakifBank Istanbul/Turquie), Lilou Ratahiry (Cannes), Amélie Rotar (Göztepe/Turquie)