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15/05/2018
Pauline Martin : « Profiter de chaque occasion pour me retrouver »
Dix mois et demi après s’être sérieusement blessée au genou gauche avec les Bleues, Pauline Martin est de retour en sélection, en stage depuis le 9 mai à Pau avec l’équipe de France qui attaque dimanche sa saison internationale par un déplacement en Hongrie en European Golden League. La centrale tricolore se confie.
Comment avez-vous vécu cette blessure au genou et cette longue indisponibilité ?
C’était ma première grosse blessure depuis le début de ma carrière. Cela a été un gros choc pour moi, parce que c’est arrivé au début d’un bel été qui était en préparation, mais c’est comme ça. Forcément, on passe par des moments durs, parce qu’on voit la saison se dérouler sans soi, mais il faut penser à se reconstruire et garder toujours en tête qu’il y a un objectif, c’est de revenir sur le terrain, ce qui passe par des sous-objectifs qu’on se fixe au fur et à mesure. Je ne suis pas la première volleyeuse à qui cette blessure arrive, j’ai vu d’autres joueuses à qui c’est arrivé et qui sont parvenues à revenir, donc je n’ai jamais douté du fait que j’allais revenir. J’ai notamment eu beaucoup de soutien de la part d’Helena (Cazaute) qui était du même club que moi la saison dernière (Béziers) et qui a connu cette blessure six mois avant moi. Elle a su en tant qu’amie et pour l’avoir expérimentée me donner des conseils, et je n’oublie pas mes coéquipières, ma famille, mes proches qui m’ont aussi beaucoup soutenue. Du coup, j’ai orienté toute ma saison sur ma rééducation et ma réathlétisation à Montpellier puis à Venelles. 

Avez-vous profité de cette période sans compétition pour faire autre chose à côté ?
Oui, j’ai utilisé mon temps libre pour me consacrer à mes études. J’ai ainsi pu valider mon premier semestre de Master 1 de préparation physique à Montpellier, je me suis en plus lancé un challenge en tentant le Capeps, sachant que c’était un sous-objectif à côté de l’objectif prioritaire qui était mon Master. Je savais que je partais de plus loin, je n’y suis pas arrivée, mais cela m’a permis de me rendre compte du niveau et de ce qui était demandé pour, peut-être, réessayer plus tard quand j’aurai validé mon Master, histoire d’avoir plusieurs casquettes. J’ai donc mené ces deux challenges de front pendant tout le premier semestre avant de recommencer le volley en janvier avec mon nouveau club de Venelles.

Avez-vous rejoué avec Venelles ?
Je suis devenue officiellement une joueuse de Venelles en janvier, j’ai commencé à retoucher la balle, à partir de là, Félix (André, entraîneur de Venelles et adjoint d’Emile Rousseaux en équipe de France) a voulu tout de suite m’incorporer au groupe en me mettant sur la feuille de match, histoire de m’intégrer au club. Ensuite, il m’a progressivement fait rentrer au service, cela m’a rappelé mes débuts professionnels, puis, comme je me sentais de mieux en mieux à l’entraînement, il m’a fait entrer en jeu contre Mulhouse, mais je n’ai pas joué de set complet en compétition, donc au final, j’ai eu une saison quasiment blanche.

Aujourd’hui, à quel niveau vous sentez-vous, physiquement et dans le jeu ?
C’est assez particulier, parce que, comme on reconstruit une équipe de France, tout le monde est en train de retrouver ses bases, ses sensations. Du coup, même si j’ai un niveau peut-être en-dessous de celui des autres filles, ça me va bien, puisque je suis moi-même dans ce processus de reconstruction, dans cet état d’esprit, j’ai un profil de joueuse qui n’a rien prouvé pendant la saison mais qui, peut-être, peut prouver pendant l’été. Là, je me sens plutôt bien, je sais qu’il y a encore du boulot à faire, mais j’ai en tout cas la motivation de me servir de cet été pour retrouver mon niveau. Ce qui est positif, c’est que le staff me donne le temps, le staff médical est aux petits soins avec moi, j’ai également énormément de soutien de la part des filles.

Ressentez-vous encore un peu d’appréhension, notamment quand vous sautez ?
Pendant les phases de travail, on s’habitue progressivement au saut, en complexifiant peu à peu les exercices : au début, on saute toute seule, après, on ajoute une fille à côté, puis des filles en face, donc tout est fait pour que cette appréhension disparaisse. On l’a toujours forcément un peu en tête parce qu’on revient d’une longue blessure, mais il faut essayer d’en faire abstraction pour avancer.

Vous avez débuté le stage de préparation à la European Golden League la semaine dernière à Pau avec Emile Rousseaux qui était présent les premiers jours, comment cela s’est-il passé ?
Nous avons eu une réunion au cours de laquelle il s’est dans un premier temps présenté, il nous a parlé de son parcours, de sa famille, histoire d’établir une proximité entre nous, ensuite, il nous a exposé comment il voulait s’y prendre pour nous faire progresser. Il a pris les exemples d’équipes comme le Brésil, l’Italie, la Serbie, pour nous montrer qu’il fallait qu’on soit convaincues qu’avec du travail, nous pouvions nous aussi atteindre le plus haut niveau, que notre ADN n’était pas différent de celui des autres équipes. Il nous a ouvert les yeux et nous a fait prendre conscience qu’il y avait possibilité de faire quelque chose. Il est aussi venu parler à chacune d’entre nous parce qu’il a vraiment envie de nous connaître, il nous a beaucoup regardées lors des séances, c’était très instructif. On se dit que si nous sommes tous unis, nous joueuses, mais aussi les entraîneurs et la Fédération, pour nous inscrire dans un tel projet, ça ne peut que marcher. Ce qui est bien en plus, c’est que comme Félix est encore là dans le staff, ça nous fait une transition plus facile avec l’année dernière.

Vous attaquez votre première compétition de la saison dès la fin de la semaine avec un déplacement en Hongrie pour la European Golden League avec un groupe très jeune encore bien renouvelé, quelles sont vos attentes sur cette compétition ?
On essaiera bien sûr de donner le meilleur de nous-mêmes. Le groupe est en effet en partie changé par rapport à l’année dernière avec des nouvelles joueuses, qui seront du coup déterminées à prouver et à donner le meilleur d’elles-mêmes. Il faut en tout cas profiter de toutes les occasions qui nous sont offertes pour mettre en place ce qu’on apprend lors des stages et progresser à la fois collectivement et individuellement, avec un objectif premier en août qui sera la qualification pour le Championnat d’Europe. Nous avons deux compétitions avant pour la préparer, la European Golden League et les Jeux Méditerranéens.

Et à titre personnel, qu’attendez-vous de ces échéances ?
J’espère bien évidemment participer au maximum de compétitions, je veux profiter de chaque occasion pour me retrouver. Après, il faut voir si au niveau physique, je serai capable de tenir, mais si on prend soin de moi et que je prends soin de moi, pourquoi pas ?

Pour finir : jouerez-vous encore à Venelles la saison prochaine ?
Oui, juste après ma blessure, Venelles a tout de suite tenu à me rassurer en me disant que mon contrat serait prolongé d’un an. Je remercie le président et Félix qui m’ont énormément soutenue, c’est plus facile psychologiquement de travailler pour revenir quand on sait qu’on a un club qui nous attend derrière et nous fait confiance.