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04/06/2018
Barthélémy Chinenyeze : "Je goûte au top niveau mondial"
Avant de participer à son premier Championnat du monde, le benjamin de l'équipe de France (20 ans) s'est confié sur son ascension fulgurante, son rôle au sein du groupe et les objectifs des Bleus pour le Mondial à venir.
Comment s'est passée la préparation pour ce Championnat du monde ?
Très bien. On a commencé par deux semaines à Montpellier, dans un très beau cadre. On était dans un bel hôtel, avec piscine, spa... On a été très bien accueillis. Comme ça faisait trois semaines qu'on avait coupé, on a beaucoup poussé physiquement. On a fait du lourd en muscu et des entraînements longs et vraiment durs. On a ensuite joué un premier match amical contre les Pays-Bas à Sète. On avait repris depuis seulement deux semaines et nous n'avions pas fait tant de jeu que ça, mais nous avons gagné 3-0 contre une équipe que l'on retrouvera au Mondial, et même 4-0 puisqu'on a fait un set en plus. Ça nous a mis en confiance...

Vous avez ensuite enchaîné avec le stage à Cannes...
Là aussi, les conditions étaient très bonnes. On a encore beaucoup poussé physiquement, mais aussi niveau volley cette fois. On est monté d'un cran et on a fini ce stage par un match d'entraînement entre nous qui nous a permis de faire du jeu. On en avait besoin, donc ça nous a fait du bien, tout comme le Mémorial Wagner ensuite. Et on a fini avec cette semaine à Paris, où on a davantage travaillé la qualité « volleyballistique » : affiner les petits détails, faire beaucoup de jeu. Ça s'est terminé avec ce dernier match contre la Serbie, qui n'a pas été facile. On a été menés 2-0, mais on est revenus. C'est bien, ça montre qu'on a du mental, qu'on voulait gagner et qu'on s'est bagarrés jusqu'au bout pour y arriver.

Ce match, c'est un peu la victoire du collectif ?
Oui, clairement. Déjà, on partait avec Earvin (Ngapeth) et Thibault (Rossard) blessés, du coup, les réceptionneurs n'étaient que deux. Et pendant le match, après les deux premiers sets, Laurent (Tillie) a fait tourner pour amener un peu autre chose et ça a marché. Nous, les remplaçants, avons réussi à amener de la vie et de l'envie. On était à la maison, c'était un match important dans notre préparation, donc il y avait un vrai plaisir de jouer. Et ça s'est très bien passé.

On a vu sur ce match une belle communion avec vos supporters, on imagine que ça vous a fait plaisir ?
Oui, c'est toujours un plaisir de jouer devant beaucoup de monde, de sentir que les supporters sont à fond derrière nous et de les voir mettre l'ambiance. Les supporters n'étaient vraiment pas passifs, c'était super. On adore jouer devant le public français, ça nous booste, ça nous donne envie de gagner pour eux et pour nous.

"Laurent Tillie a été très important dans ma progression"

Vous allez donc disputer votre premier Championnat du monde avec les Bleus, mais c'est déjà votre quatrième compétition majeure en équipe de France (Ligue Mondiale 2017, Euro 2017, Volleyball Nations League 2018), à 20 ans seulement. Est-ce que vous réalisez à quel point votre ascension est fulgurante ?
Je ne me rends pas vraiment compte, parce que tout se passe un peu vite. Ça fait déjà deux ans que je suis en équipe de France et je sais que tout le monde n'a pas l'opportunité de jouer un Championnat du monde. Je ne fais pas trop attention à tout ça, mais quand j'en parle avec mes proches, c'est là que je me dis que tout est allé très vite. Il y a deux ans, j'étais au Centre National à Montpellier et je n'imaginais pas tout ça.

Vous ne vous attendiez pas à grimper les échelons aussi vite ?
Non, pas du tout. Déjà, lors de ma première sélection, je ne m'attendais pas à être pris en équipe de France. Et ensuite, jouer, participer à des compétitions majeures et avoir tout de même pas mal de temps de jeu, je ne m'y attendais vraiment pas.

Est-ce que le fait d'arriver si jeune en équipe de France vous a permis de progresser encore plus vite ?
Oui, j'en suis sûr à 100%. Arriver dans cette équipe où il y a tant de joueurs parmi les meilleurs mondiaux, côtoyer des joueurs comme Earvin (Ngapeth), Benjamin (Toniutti) ou Julien (Lyneel), jouer tous les jours avec eux, ça m'a fait énormément progresser. Je goûte au top niveau mondial.

Notamment en tant que central, où vous êtes en concurrence avec deux références à votre poste, Kévin Le Roux et Nicolas Le Goff...
Ça fait longtemps que Nicolas et Kévin sont en équipe de France, qu'ils ont leur place ici. J'ai une bonne relation avec eux, tout se passe sainement. Il y a une bonne concurrence, c'est super. Et ils me donnent des conseils, ils m'aident sur les choses que je ne connais pas encore, parce qu'ils ont évidemment beaucoup plus d'expérience que moi. C'est super d'évoluer avec de tels joueurs.

Comment définiriez-vous votre relation avec votre entraîneur chez les Bleus Laurent Tillie ?
J'ai une très bonne relation avec lui. Il est toujours là pour moi et me donne beaucoup de conseils. Je parle beaucoup avec lui, il porte vraiment une attention particulière à mes progrès et aux éléments que je dois travailler. Il a été très important dans ma progression. Me prendre en équipe de France aussi jeune, c'était déjà beaucoup, et le fait qu'il me fasse confiance, qu'il me fasse jouer, c'est quelque chose que j'apprécie. Je ne savais pas que ça allait se passer comme ça. Cette confiance que Laurent, son staff et tout le groupe m'accordent, c'est énorme. Ça m'aide vraiment à performer en équipe de France, parce qu'on est un groupe très soudé.

"On aura besoin de tout le monde si on veut gagner une médaille"

A titre individuel, dans quels secteurs pensez-vous devoir progresser en priorité ?
Déjà, au service. Je pense que c'est là que j'ai la plus grande marge de progression. Et après, je peux encore progresser à l'attaque et au bloc. J'aime bien les deux, donc être très bon dans ces deux secteurs de jeu, ce serait vraiment top. L'objectif, c'est d'être vraiment performant à l'attaque, tourner à un bon pourcentage. Et pour ce qui est du bloc, j'ai été meilleur bloqueur de Ligue A, donc j'aimerais bien, au niveau international, arriver à mettre plus de blocs, à toucher plus de ballons.

A l'évidence, vous ne partez pas dans un rôle de titulaire au Mondial, mais on a vu contre la Serbie que tout peut aller très vite. Etes-vous prêt à assumer un rôle majeur dans cette équipe de France ?
Oui c'est sûr que je ne pars pas comme titulaire, je le sais et je connais mon rôle. Mais je pense que je peux avoir un rôle important. S'il y a un problème, que ce soit une blessure ou l'un de mes collègues qui n'est pas dans un bon jour, je sais que je peux entrer sur le terrain et amener quelque chose, mon énergie et ma jeunesse, pour rebooster l'équipe et l'aider à gagner.

Selon Laurent Tillie, c'est la grande force de cette équipe et sa marque de fabrique, le fait que chacun peut apporter sa pierre à l'édifice...
Oui, c'est exactement ça. Chaque entrée en jeu est importante. Chaque joueur connaît son rôle, sait ce qu'il a à faire et chacun a un rôle important, que ce soit les titulaires ou les remplaçants. C'est sûr qu'on aura besoin de tout le monde si on veut gagner une médaille ou même remporter ce Mondial.

L'objectif annoncé, c'est le podium, même s'il y a beaucoup de prétendants et que la concurrence va être rude. Comment voyez-vous les choses ?
On a de bonnes chances. Avant que j'arrive, ça faisait déjà quelques années que la France performait au top niveau mondial. Lors de la dernière compétition en date (la VNL), on a réussi à faire deuxième. Donc on a nos chances, mais ça va être une compétition dure et longue, il y a beaucoup de matchs, avec trois tours avant les demi-finales. Il y a facilement six ou sept équipes qui peuvent prétendre gagner la compétition, donc ça ne va pas être facile. Chaque match va être important.