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(Miniature) EuroVolley : Les Bleues rêvent d’exploit
Photo : Julien Crosnier
28/08/2023
EuroVolley : Les Bleues rêvent d’exploit
Victorieuse de la Roumanie en huitièmes de finale, l’équipe de France féminine dispute mardi soir au Palazzo Wanny de Florence son quart de finale de l’EuroVolley 2023 face à l’Italie, tenante du titre. Autant dire qu’il faudra un exploit des Bleues pour déjouer les pronostics et se qualifier pour les demi-finales de Bruxelles.
Qualifiées pour la seconde fois consécutive pour les quarts de finale de l’EuroVolley, une première dans l’histoire de l’équipe de France féminine, en ayant assumé leur statut de favorites contre la Roumanie en huitièmes (victoire 3-1), les joueuses d’Emile Rousseaux vont endosser mardi le rôle d’outsiders, comme ce fut le cas il y a deux ans. En 2019, elles avaient joué sans complexe face aux tenantes serbes devant leur public (défaite 3-1), cette fois, elles affrontent de nouveau le champion d’Europe en titre, l’Italie (finaliste en 2019), et encore devant son chaud public du Palazzo Wanny de Florence.

Un vrai atout pour cette Squadra Azzurra, selon Emmanuel Fouchet, manager de l’équipe de France : "Ce qui est remarquable, c’est la ferveur populaire qu’il y a autour de l’équipe d’Italie. Je n’étais pas à leur huitième de finale samedi, mais de l’hôtel qui est juste à côté à la salle, j’entendais les grondements du public, il y a un très fort soutien populaire, ça fait un peu entrée des artistes à un concert." L’atmosphère changera radicalement de celle vécue par les Bleues au premier tour à Tallinn, mais ces dernières ont pour autant déjà joué dans ce contexte, opposées en 2019 à la Turquie chez elle à Ankara, puis deux ans plus tard à la Serbie à Belgrade.

Plus que l’ambiance, c’est le niveau de l’adversaire qui a de quoi inquiéter l’équipe de France, avec une formation transalpine qui n’a pour l’instant pas lâché le moindre set en route, victorieuse de la Roumanie, de la Suisse, de la Bulgarie, de la Bosnie et de la Croatie en phase de poules, puis de l’Espagne en huitièmes de finale. Une équipe "revisitée" aux dires d’Emmanuel Fouchet : "Ça a donné lieu à énormément de débats dans la presse sportive italienne et les réseaux sociaux, mais le coach (Davide Mazzanti) a fait choix très forts, en écartant des joueuses qui ont porté le maillot italien avec bonheur sur la dernière décennie, comme (Monica) De Gennaro la libéro historique, la centrale (Cristina) Chirichella, la réceptionneuse/attaquante (Caterina) Bosetti, la passeuse (Ofelia) Malinov. Maintenant, même s’il y a de nouveaux visages, le socle historique reste quand même identique, avec la capitaine (Miriam) Sylla, (Alessa) Orro à la passe, (Anna) Danesi au centre, (Elena) Pietrini en attaque…"

Et la star Paola Egonu, dont la notoriété en Italie dépasse largement le cadre du volley – elle avait envisagé de quitter la sélection au lendemain du Mondial 2022 (troisième place), fatiguée d’essuyer des insultes racistes sur les réseaux sociaux -, qui est pourtant reléguée sur le banc ! "Elle n’est pas titulaire alors que c’est une joueuse de top classe mondiale, mais ils ont incorporé (Ekaterina) Antropova, une jeune pointue russe naturalisée (20 ans) qui fait 2,02 m, c’est un monstre", ajoute Manu Fouchet. Qui finit les présentations en expliquant : "C’est une équipe ultra offensive, très physique, avec des joueuses atypiques, des réceptionneuses/attaquantes très orientées vers l’attaque. Le jeu italien est surtout basé sur le service/attaque, le bloc également, mais peut-être un petit peu moins que par le passé."

Vu comme ça, la mission des Héléna Cazaute, Lucille Gicquel, Amandha Sylves, Christina Bauer – les quatre joueuses du groupe tricolore ayant évolué en Serie A1 italienne – et autres semble impossible, mais le manager tricolore ajoute : "On a vu lors du huitième de finale que c’est une équipe qui pouvait être bousculée, l’Espagne a montré la voie, le premier set aurait pu tomber dans son escarcelle (25-23), et dans le deuxième, elle est au contact jusqu’à la fin (25-22, avant un dernier set perdu 25-19). On sent qu’il y a des choses à faire, il faut les agresser dans les domaines où elles sont moins souveraines, comme la réception. Il faut aussi les obliger à batailler, et surtout, faire preuve du bon état d’esprit, comme l’Espagne l’a bien fait samedi."

A savoir ne jamais lâcher et rester soudé, même dans les moments difficiles qui ne manqueront pas d’arriver à ce stade de la compétition. "Emile (Rousseaux) insiste beaucoup sur les notions de solidarité, de patience et de lucidité, poursuit Emmanuel Fouchet. Ça peut paraître des mots bateaux, mais si tu te frustres parce que ta première attaque n’est pas gagnante, tu vas perdre, alors que si tu restes impliqué collectivement et solidaire, tu peux finir par trouver la solution. C’est vraiment une question d’état d’esprit. Et surtout, il faut être en capacité de profiter de l’instant, sans que ça crée un stress inutile."

Si les valeurs de combat et de cohésion seront indispensables pour espérer contrarier les championnes d’Europe en titre, les Bleues, après avoir atteint leur objectif de faire aussi bien qu’en 2021, confirmant leur nouveau statut international, doivent effectivement savourer la chance de disputer une telle affiche et faire fi d’une pression qui sera sans doute surtout sur les épaules de leurs adversaires. L'exploit passera par là...


Les rencontres de l’équipe de France sur cet EuroVolley sont diffusées sur la chaîne L’Equipe ou la plateforme L’Equipe Live.

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Programme et résultats de l’EuroVolley 2023 :

Poule D, à Tallinn (Estonie), horaires en heure française:

Mercredi 16 août : Estonie/France 0-3 (8-25, 19-25, 21-25) Les stats
Vendredi 18 août : France/Espagne 3-2 (22-25, 25-18, 23-25, 25-17, 15-10) Les stats
Dimanche 20 août : France/Finlande 3-0 (25-22, 25-22, 25-14) Les stats
Lundi 21 août : France/Slovaquie 3-0 (25-21, 25-19, 25-12) Les stats
Mardi 22 août : Pays-Bas/France 1-3 (25-23, 27-25, 21-25, 26-24) Les stats

Huitièmes de finale, à Florence (Italie) :

Samedi 26 août : France/Roumanie 3-1 (25-23, 25-16, 21-25, 25-23) Les stats

Quarts de finale, à Florence (Italie) :

Mardi 29 août, 21h : Italie/France


Les 14 joueuses pour l'EuroVolley 2023 (entre parenthèses, les clubs de la saison 2022-2023) :

Réceptionneuses-Attaquantes : Halimatou Bah (Chamalières), Nawelle Chouikh-Barbez (France Avenir 2024), Amélie Rotar (Béziers), Héléna Cazaute (Chieri, Italie)
Centrales : Eva Elouga (Chamalières), Léandra Olinga Andela (Mulhouse), Amandha Sylves (Florence, Italie), Christina Bauer (Pays d’Aix Venelles)
Pointues : Guewe Diouf (Chamalières), Lucille Gicquel (Cuneo, Italie)
Passeuses : Emilie Respaut (Nantes), Nina Stojiljkovic (Calcit Kamnik, Slovénie)
Libéros : Juliette Gelin (Cannes), Amandine Giardino (Pays d’Aix Venelles)

Le staff : Emile Rousseaux (entraîneur), Félix André et Charles Gauthier (entraîneurs adjoints), Pablo Griboff (préparateur physique), Steven Plateau (statisticien), Thomas Thuet (médecin), Marjorie Brun et Guillaume Peyre (kinés), Christian Penigaud (préparateur mental), Emmanuel Fouchet (manager).